“Nous sommes ravis que la demi-finale de la Longines EEF Series ait lieu à Deauville”, Theo Ploegmakers

Theo Ploegmakers, président de la Fédération équestre européenne (EEF) depuis novembre 2018, s’est rendu au Pôle international du cheval Longines de Deauville vendredi dernier à l’occasion de la présentation du nouveau CSIO 3*, demi-finale de la Longines EEF Series, qui sera organisé par GRANDPRIX Events du 23 au 26 juin en Normandie. L’occasion pour le Néerlandais de promouvoir cette nouvelle série européenne des Coupes des nations, née en 2020 et lancée l’an passé, de saluer l’implication de la France, première nation équestre au monde, mais aussi de s’exprimer sur la situation en Ukraine.


Que représente pour vous la Longines EEF Series, la série des Coupes des nations européennes, dont vous êtes l’instigateur et qui a succédé à l’ancienne Division 2 européenne du circuit FEI Longines en 2020?

La Longines EEF Series représente presque tout pour moi. Quand je suis devenu président de la Fédération équestre européenne (en novembre 2018 après avoir présidé la Fédération néerlandaise, ndlr), j’avais en tête que la Division 2 européenne de la série Longines créée par la Fédération équestre internationale n’était pas un bon concept et que nous devions faire quelque chose de mieux pour nos nations européennes, quel que soit leur niveau. Dès lors, mon principal objectif a été de mettre en place une série rassemblant des compétitions exceptionnelles, où toutes les nations de notre continent pourraient s’affronter. La Longines EEF Series reste liée au circuit FEI Longines, puisque la nation victorieuse de notre finale est promue en Division européenne de celui-ci. Nous avons concrétisé ce projet l’an dernier, mais avec la pandémie de Covid-19, la saison n’a pas été complète. Cette année devrait être normale, ce dont je suis très heureux.

Quelles sont les perspectives de développement de ce circuit?

Nous avons signé un contrat de dix ans avec notre partenaire, Longines, ce qui nous permet de l’envisager à long terme. Par ailleurs, nous travaillons actuellement sur un nouveau circuit de CSIO 1* et 2*, en parallèle de la série existante, afin que les pays qui ne peuvent pas encore y concourir puissent aguerrir leurs équipes avec l’objectif d’y participer dans les années à venir.

En quoi était-il important pour vous que la France accueille une étape, qui sera d’ailleurs la demi-finale du circuit?

Selon les règles de la Longines EEF Series, l’Europe est divisée en quatre régions principales. Pour chacune, il y a deux étapes qualificatives permettant aux cinq meilleures équipes de se qualifier pour les demi-finales, disputées ici à Deauville et à Budapest, avant la finale de Varsovie, prévue du 8 au 11 septembre. Concernant la France, qui reste la première fédération équestre au monde, il nous semblait évident qu’elle accueille une étape majeure. Et nous sommes ravis qu’elle ait lieu à Deauville, en Normandie.

“En Ukraine, la situation est vraiment très compliquée”

Quel rôle la Fédération équestre européenne joue-t-elle en Ukraine, où les chevaux comptent parmi les victimes collatérales de la guerre menée par la Russie?

C’est vraiment terrible. Il est très difficile de décrire la difficulté de la situation car nous ne savons même pas exactement ce qu’il s’y passe. Certains propriétaires ont déplacé leurs chevaux, et la nourriture manque, mais personne ne sait pour combien de temps. Au début, beaucoup d’acteurs européens solidaires ont envoyé de la paille et de la nourriture, mais il faut mettre en place une organisation plus durable car cette situation peut encore exister pendant des mois. Nous espérons une discussion claire la semaine prochaine (entretien réalisé vendredi dernier, ndlr) et souhaitons qu’une structure puisse être mise en place afin de mieux gérer la logistique. Ce projet requiert énormément d’argent. Ne serait-ce que pour la nourriture, le coût pourrait rapidement grimper à plusieurs centaines de milliers d’euros. Plusieurs sites d’Europe occidentale ont proposé d’accueillir les équidés dans des lieux plus sûrs, mais comment gérer cette initiative à long terme? Comment faire si les hôtes ont besoin de récupérer leurs terres? Ces écuries aidantes doivent-elles tout prendre en charge financièrement ou devons-nous également les payer? La situation est vraiment très compliquée. Tout le monde est impliqué, y compris émotionnellement, mais rien n’est encore suffisamment organisé alors nous étudions les solutions qui pourraient être envisagées.

De quoi la filière équestre ukrainienne a-t-elle besoin? Dans quelle mesure le reste de la communauté équestre européenne peut-elle l’aider?

Il y a une semaine, j’ai reçu une liste de leur besoin: paille, nourriture, aliments spécialisés pour les chevaux âgés, par exemple, équipements vétérinaires, extincteurs, etc. Sur place, la migration des chevaux du pays d’est en ouest nécessite des boxes démontables, car il n’existe pas d’infrastructures pour les accueillir. Cela représente un coût non négligeable. Il y a un vrai besoin de matériel. 

Le Forum des sports de la FEI se tiendra les 24 et 25 avril à Lausanne. Y seront discutés des points importants concernant les règlements et conditions de participation des athlètes aux Jeux olympiques et paralympiques. À ce titre, pensez-vous que l’EEF pourra obtenir des avancées, telle que le retour, même partiel, du drop score, le fait de ne pas compter le moins bon score d’une équipe dans le calcul de son total de points?

Non, les personnes qui souhaitent ce retour du drop score ont déjà perdu. Le reste du monde en a décidé ainsi (lors des votes organisés dans le cadre des précédentes assemblées générales de la FEI, ndlr)… 

La présidence de la Fédération équestre internationale sera remise en jeu lors de la prochaine assemblée générale de l’organisation, en novembre au Cap. Serez-vous candidat au poste?

(Rires) Oui, je serai candidat, mais à la présidence de l’EEF (qui sera également remise en jeu en fin d’année, ndlr), pas à celle de la FEI.


Propos recueillis par Giulia Rezoagli pour GRANPRIX Infos